LE JEU LIBRE:  

Jouer dehors librement,
le plus longtemps possible,
avec le moins de règles possible,
avec des objets et matériaux naturels libres
et libres de se salir!

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Nous verrons ici les bienfaits du jeu libre, en particulier lorsqu’il se déroule dehors, et de ses bénéfices sur la santé de nos enfants.

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OBSERVATIONS CHIFFRÉES:
  • En 2008, 315 enfants de 10 ans sont comparés à une cohorte de 309 enfants du même âge 10 ans plus tôt en 1998:
– diminution de 26% de la force des bras
– diminution de 7% de la force de préhension
– 1 enfant sur 20 ne supporte pas son poids sur des barres horizontales en 1998 contre 1/10 en 2008
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  • Augmentation des fractures de l’avant-bras (étude suédoise, 2010);
  • Augmentation de 150% du nombre de blessures en cours de gym. entre 1997 et 2007 pour les élèves Américains de la primaire au lycée.
  • Entre 1995 et 2002, la prévalence des allergies, asthmes et eczémas chez l’enfant a augmenté de 0.5% par an dans le monde entier.
  • Observation d’une épidémie mondiale de myopie, en particulier dans les pays asiatiques (études Taïwan et Singapour) mais également occidentaux. En 2004, 42% des Américains de 12 à 54 ans souffrent de myopie contre 25% en 1970. Aujourd’hui, près de 31% de la population européenne est atteinte de myopie. https://urlz.fr/eJlO
La myopie peut passer inaperçue chez les enfants et toutefois provoquer des difficultés de lecture non négligeables.
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  • En 10 ans, augmentation des problèmes socio-émotionnels chez les enfants: troubles anxieux, sautes d’humeur, désintérêt et démotivation face aux tâches scolaires… Les troubles anxieux, aux Etats-Unis, sont diagnostiqués chez 25% des jeunes de 13 à 18 ans (2013). On sait que les déterminants socioprofessionnels et économiques impactent directement le niveau d’anxiété, adultes et enfants confondus. Dans notre contexte de pandémie, nous faisons face depuis presque un an à de nombreuses restrictions qui impactent et impacteront l’état de santé psychologique de nos enfants (et nous autres adultes également évidemment).
  • Les habitudes de jeux des enfants ont bien changé depuis ces 3 dernières décennies. Le temps de jeux non structurés à chuté de 50% en même temps que le temps passé en intérieur augmente et celui passé devant les écrans également. Ceci engendre des difficultés pour ces enfants à jouer de façon autonome, en utilisant leurs capacités créatrices et leur imagination.
Le jeu libre, particulièrement dehors, permet de prévenir et même remédier à un grand nombre de ces difficultés résumées ici:

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  • LES DIFFICULTÉS PHYSIQUES de type Pb de coordination, d’endurance, de pertes d’équilibre, de force physique, de musculature abdominale et posturale.
  • LES PROBLÈMES ET FAIBLESSES DU SYSTÈME IMMUNITAIRE (notamment rhumes et allergies).
  • LES DIFFICULTÉS COGNITIVES (apprentissage de la lecture, capacité de concentration)
  • LA MYOPIE
  • LES DIFFICULTÉS DE GESTION DES ÉMOTIONS ET DE L’ÉTAT ANXIEUX
  • LE DÉSINTÉRÊT DES ENFANTS POUR LE JEU, L’ACTIVITÉ DE JOUER, LE DÉVELOPPEMENT DE LEUR CRÉATIVITÉ ET IMAGINATION
Nous comme nos enfants sommes très – trop? – occupés, empêtrés dans des emplois du temps au timing serré, ne laissant plus la place au rien, à l’ennui, au temps libre. Nous voulons bien faire en essayant d’organiser des activités péri-scolaires sportives ou artistiques les mercredis et les WE, en cherchant à stimuler nos enfants et à répondre à leur curiosité et besoin de mouvement en leur proposant toujours plus d’activités organisées. Sauf que ces activités obligent à suivre des horaires, puis des règles et des conditions qui, naturellement, sont contraignantes. Ces activités sont synonymes d’organisation, de régulation, de stress aussi parfois quand il faut jongler entre les horaires de travail, d’école, d’activités des uns et des autres, les rdv médicaux, les courses …
Pour illustrer, prenons un enfant qui fait du football, même si c’est avec plaisir, doit suivre les entraînements et matchs aux dates et heures prévues, doit obéir aux règles du jeu et aux consignes de l’entraîneur, etc.  Dans ces conditions, il ne choisit pas de jouer, il ne crée pas ses propres règles avec les autres enfants, il reçoit et respecte les consignes de l’adulte, il est observé dans ses gestes et commenté, il commence et finit l’activité aux heures prévues, …
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Lorsque nous leur autorisons (ou les obligeons) à passer du temps dehors, nous avons tendance à les amener vers les aires de jeux. Ces aires de jeux, qui pourraient constituer un bon compromis ont malheureusement beaucoup changé ces dernières années en même temps que les craintes de voir nos enfants se blesser ont augmenté.  A force de craindre et d’avoir peur pour eux, les aires de jeux se sont hyper-sécurisées, laissant finalement peu de possibilités à l’enfant de bouger, de se surpasser en prenant des risques mesurés. Les tourniquets et toboggans hauts ont disparu et les enfants sont globalement moins stimulés par ces infrastructures.
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Il est ici intéressant de savoir que les accidents mortels sont extrêmement rares, que la majorité des blessures résultent de chutes et de collisions mais surtout, que le nombre d’enfants qui consultent les urgences suite à une blessure sur une aire de jeux ne fait qu’augmenter depuis ces 30 dernières années, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer avec tous ces efforts faits pour les rendre plus sécurisées. Ainsi, « en 1980, 156 000 enfants ont consulté un médecin suite à un accident sur une aire de jeux (soit une visite pour 1452 Américains). En 2013, ce nombre a grimpé à 271 475, soit 1 visite pour 1156″. * Aussi en France, l’Enquête Permanente sur les Accidents de la vie Courante – EPAC – menée par l’Institut de veille sanitaire, a dénombré le nombre d’accidents dans les aires de jeux chez les enfants de moins de 15 ans entre 1996 et 2000. Il en ressort qu’en 1996, 480 accidents ont été dénombrés. En 2000, 657 accidents.
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On notera que les récentes aires de jeux aux allures naturelles, composées en bois, moins colorées et laissant plus d’espace libre pour bouger se développent, et c’est une bonne nouvelle.
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Qu’il s’agisse de ses capacités motrices globales et fines, ou de ses capacités sensorielles (intégration sensorielle, c’est-à-dire ressentir par ses sens tels que la vue, l’odorat, l’ouïe, le goût mais aussi la proprioception ou le sens vestibulaire (=équilibre)) ou encore de ses compétences socio-émotionnelles et cognitives, l’enfant, pour se développer et profiter de son potentiel, doit expérimenter, ressentir et intégrer.
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Le jeu libre est à la fois très simple et très efficace pour :
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– éprouver le corps, tournoyer, trouver ses équilibres
– choisir ses jeux et ses règles, coopérer, (s’)écouter,
– stimuler ses sens naturellement par exemple en touchant des cailloux, des branches; par le ressenti du chaud ou du froid, de l’humidité; profiter de la lumière naturelle, plus ou moins forte, être mouillé ou sec, etc.
– se lancer des défis et se surpasser, se muscler, porter des charges légères ou lourdes etc…
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Jouer dehors et librement le plus longtemps possible, avec le moins de règle possible, avec des objets et matériaux naturels libres et libres de se salir, quel beau programme facile, gratuit et bénéfique à tous!
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A titre personnel, lorsque nous sommes tendus, que l’ambiance s’électrise à la maison et quelle qu’en soit la ou les raisons, sortir, même peu de temps, régule naturellement nos émotions et recentre nos énergies. C’est souvent l’occasion pour les enfants d’expérimenter le jeu libre, de courir, de crier, de s’émerveiller sur tout et n’importe quoi. C’est pour les parents une occasion de reprendre son souffle, de se détendre, de se (re)parler, de partager une complicité qui peut facilement se perdre dans les énervements du quotidien.
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Cet article se base sur les chiffres et données recensés par Angela J.HANSCOM dans « Tu viens jouer dehors? »*, livre dont je me suis inspirée et que je conseille à tous pour une approche plus approfondie du sujet.
article jeu libre, détails et chiffres, dans le cadre d'une parentalité bienveillante, accompagnement de nos enfants
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